J’achète donc je suis

J’achète donc je suis

Fashion addict…? Moi, jamais!
Qu’est ce qu’être fashion addict ? Victime de la mode ? On n’est pas des victimes quand même quand on se fait plaisir, quand on s’achète toujours des nouvelles choses…On travaille pour cela non ? Pour vivre et profiter des plaisirs de la vie, et tant mieux si on peut se payer telle ou telle marque. Il en va de l’estime de soi, direz-vous…
Lumière sur l’attitude fashion addict, et sur la philosophie: j’achète, donc je suis.

Je consomme donc je suis…

La devise de l’ère du temps est bien celle-ci : je consomme, donc je suis. Plus je consomme, plus je suis. Tout est consommation, tout est objet de consommation, de «merchandising» : la science qui a pour objet de maximiser l’achat. Maximiser le désir d’abord, ensuite la tension, qui va monter chez vous, dans votre cœur, dans votre tête, et qui va vous pousser à satisfaire ce désir, afin de baisser cette tension. L’achat est là donc, vous avez maintenant acheté et vous êtes rentré chez vous. Mais attention ce n’est pas fini. Loin de là ! L’objectif ne peut pas être de vous laisser avec cet état de satisfaction béat … et permanent. L’objectif est de vous «maintenir sous tension», le plus de temps possible.
Ainsi, on vous dira que le PC que vous avez n’est pas dernière génération, il n’est pas le meilleur, le plus puissant, il n’est pas doté de telle technologie, etc. Votre téléphone portable aussi, même si ca ne fait que trois mois que vous l’avez acheté, vous allez voir partout sur les écrans de télé, sur les panneaux d’affichage urbain (que vous ne pouvez éviter…), sur les bus, et j’en passe, qu’il n’est finalement plus si intéressant. Il est passé de mode. Aujourd’hui c’est tel modèle, tel design qui est à la page, qui est IN. Et n’aise pas que vous voulez être IN ? Vous ne pouvez pas vous permettre de ne pas être IN… ?
Le processus est plus fort que vous à la limite. Tout, dans l’environnement, est conçu et organisé, de cette façon. De façon à vous mettre tout le temps sous tension. Que vous ayez tout le temps envie de quelque chose, qu’il vous manque quelque chose, que vous planifiez d’acquérir telle chose, etc. Et puis, même si vous avez l’ancienne version de la chose en question, ce n’est pas grave, on va vous convaincre qu’aussitôt achetée, celle-ci ne vaut plus grand-chose. Les cycles de vie des produits doivent être de plus en plus courts, autrement qu’il faille vite les remplacer. C’est ce qui permet de vendre, donc de relancer la roue de l’économie.

L’estime de soi

Une des conséquences majeures de cet environnement, est que votre image de vous-même, va devenir de plus en plus liée, à une image qu’on vous vend. Toute prête. C’est que le principe même du marketing, repose sur ces associations, qui lient (dans votre tête), un objet de consommation donnée, à une sensation, ou une couleur, ou à une image mentale donnée.
Au début de la science marketing, on essayait de vendre le produit, principalement, via sa valeur utilitaire. Avec le temps, la concurrence de plus en plus rude qui s’installe, les changements des modes de vie, la volatilité des consommateurs, et autres facteurs complexes…la valeur utilitaire, seule, d’un produit, ne vend plus. Ou pas tout le temps. Il faut alors aller plus loin, chercher autre chose. Ainsi est née ou inventée cette technique de l’association, qui trouve ses racines dans la psychanalyse en fait.
L’association en marketing, consiste à concevoir des pubs, des spots télé, ou des affiches, qui véhiculent une certaine idée, qui soit liée au produit en question. Ainsi le produit est casé ou mémorisé dans votre esprit, dans la même catégorie qu’une certaine représentation, une certaine sensation, une catégorie mentale en somme : femme fraiche, femme mince, femme souriante, femme heureuse, femme idéale. Au final, dans votre esprit, et sans que vous en soyez conscient, tel produit, va être associé à telle catégorie mentale. D’où, dès que la tension évoquée plus haut, touche son comble, vous allez craquez et acheter le produit en question, en croyant acheter du symbole, la femme idéale peut être.
C’est ainsi que votre image de vous-même, sera imprégnée, sans que vous vous en rendez compte, par les stéréotypes véhiculés dans votre environnement.